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Bonaparte, ou N. III…

dimanche 16 septembre 2007

Peuple de « Droite » ou peuple de « Gauche », si l’on veut rester objectifs, constructifs, « productifs », intelligents — « Républicains » en un mot, — et se tendre la main en tant que Citoyennes et que Citoyens, il faut soutenir le Président élu dans son effort, croire qu’il est possible de rebâtir « une certaine idée de la France » au cœur de l’Europe et au cœur du monde, pour tous et pour chacun, chacun à son poste. Il a été élu démocratiquement pour cinq ans. Les urnes ont parlé sans la moindre ambiguïté. Il faut s’incliner devant la volonté des Françaises et des Français.

Si le Président Sarközy réussit à tenir ses promesses, à redonner une espérance aux Françaises et aux Français de souche ou issus de l’immigration comme lui, à leur redonner une dignité citoyenne, à remoraliser la politique et l’économie, à les rendre à nouveau dynamiques et « productives », à contrôler les affairistes en interdisant les dérives boursières et financières pour le bien de tous, en ayant le souci du plus humble, de sa dignité et de sa qualité de vie, il sera Bonaparte. S’il échoue, il sera Napoléon III. Alors, l’expression de Guizot reprise par Karl Marx : « la lutte des classes » reprendra vraisemblablement tout son sens, et, de la grande dérive de la gauche actuelle qui s’est embourgeoisée en se reposant et en s’endormant peu à peu sur les lauriers — supposés ?… — du mitterandisme, le marxisme risque fort de revenir sous une forme repensée, et radicale.

Le problème qui se pose au Président est simple : peut-on être Bonaparte sans la France de Valmy, dans la France d’Offenbach ?… Car, dans la grande mouvance molle de 68, récupérée par les affairistes de tout poil qui en ont fait la « société de consommation » et la « société du spectacle » dont nous ne sommes pas encore sortis, nous sommes encore dans la France d’Offenbach — pire que celle d’Offenbach ! — qui n’a de sacralité que le fric et la frime, qui ne songe qu’à s’étourdir, en considérant qu’après elle, il y aura de toute façon « le déluge », un déluge auquel, décérébrée par la « machine à décervelage » qu’est devenue la télévision — la "tévé-tévu" suscitant chaque jour davantage l’histrionisme en infectant les plus humbles et les plus faibles, — elle ne croit même plus. Ce qui constitue le pire des dangers.

— Monsieur le Président, si vous cherchez vraiment à être Président du peuple de « Gauche » comme du peuple de « Droite », si vous parvenez à l’être de toutes les Françaises, de tous les Français, si vous mettez un "coup de jeune" dans ce pays exsangue qui a besoin de se souvenir combien il a pu être parfois grand, bénéfique à l’humanité, à l’idée de « Liberté », d’« Égalité »… des chances, et, de « Fraternité », de fraternisations entre gens d’autres bords comme on en a connues aux temps de la Résistance où un chrétien de Gauche et un communiste pouvaient faire le coup de main ensemble contre l’occupant nazi — oui, « celui qui croyait au ciel, et celui qui n’y croyait pas » : vous avez osé invoquer cela, réveiller ce Sacré-là […], — si vous êtes sincère enfin, tous nos vœux vous accompagnent !…

J.L.C