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L’islam, une religion de paix

dimanche 16 septembre 2007, par Marie-Hélène Duthoit

Marie-Hélène Duthoit est retraitée ; elle participe régulièrement, chez Bayard Presse, à la rédaction de journaux paroissiaux destinés à l’ensemble de la France. Elle a travaillé sur le dialogue islamo-chrétien avec Henri Mottez, auteur du livre L’Evangile, le Coran

« Dieu voulait que l’islam fût une religion, mais les hommes ont voulu en faire une politique » (Muhammad Saïd al-Ashmawy [1])

Cette phrase éclaire sans doute ce que les violences perpétrées au nom de l’islam ont de choquant. Car l’islam est bien une religion : la référence à Dieu est présente à chaque page du Coran. c’est une religion qui prône la prière, le partage et le pardon. Les quelques dizaines de versets qui encouragent les actes de violence peuvent être, et sont mentalement escamotés par ceux qui pratiquent avant tout, au nom de l’islam, le partage et le pardon.

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Sur le pardon :

« Une parole convenable et un pardon sont meilleurs qu’une aumône suivie d’un tort. Dieu se suffit à lui-même et il est plein de mansuétude. » (sourate II-263)

La sourate VII-43 — « nous avons arraché de leur coeur la haine qui s’y trouvait » — fait partie d’une longue description du paradis et du jugement dernier, à partir de la tentation et de la chute d’Adam. Ceux qui n’ont pas de haine, ceux qui n’ont pas écouté les démons, ceux-là connaîtront le paradis. « On leur criera : voici le Jardin dont vous héritez en récompense de ce que vous avez fait. »

La sourate XLI-34 est bien une invitation au pardon : « Le mal et le bien ne sauraient marcher de pair. Rends le bien pour le mal et tu verras ton ennemi se changer en protecteur et en ami. » Quant à la sourate II-109, elle recommande de pardonner à ceux qui, juifs et chrétiens, ont reçu la Révélation mais ne reconnaissent pas le prophète Muhammad : « Pardonnez et oubliez jusqu’à ce que Dieu vienne avec son Jugement. Dieu est puissant en toute chose. »

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Sur le partage :

« Vous devez user de bonté envers vos parents, vos proches, les orphelins, les pauvres, le client qui est votre allié et celui qui vous est étranger ; le compagnon qui est proche de vous ; le voyageur et vos esclaves. » (IV-26)

Le verset 28 rappelle que l’aumône ne doit pas être faite « pour être vus des hommes », car « Dieu n’aime pas celui qui est insolent et plein de gloriole. » Les versets 270, 271 et 272 de la sourate II vont dans le même sens. Ils rappellent par surcroît que Dieu récompense celui qui dépense en aumônes.

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Sur la prière :

« Soyez assidus aux prières et à la prière au milieu du jour. Tenez vous debout pour prier Dieu avec piété. En cas de danger, priez, soit à pied, soit à cheval. Lorsque vous vous sentez en sécurité, souvenez-vous de Dieu, comme il vous l’a enseigné. »

Ainsi, prier est une nécessité de toutes les circonstances. C’est ce que précise la sourate II aux versets 238 et 239.

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Depuis l’instant où je l’ai lue, cette petite phrase que j’ai citée en introduction me permet de lire sans en souffrir les nombreux versets qui fustigent les « infidèles » et les « polythéistes », quelquefois nommés juifs ou chrétiens, car je vis au XXIe siècle et non au VIIe. Historiquement, le prophète a passé un accord avec les chrétiens vivant dans cette région de l’Arabie saoudite où se trouve la Mecque, les autorisant à pratiquer leur culte moyennant le versement de l’impôt de la capitation. Aujourd’hui, chrétiens et musulmans ont le même souci d’apporter une aide aux populations en souffrance. Cela me parait bon aux yeux de Dieu comme pour les hommes.


Le livre L’Evangile, le Coran, les deux visages de l’islam, les versets qui les séparent d’Henri Mottez est disponible en pdf ici


[1Muhammad Saïd al-Ashmawy, L’islamisme contre l’Islam