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En terres étrangères

vendredi 31 août 2007, par Philippe Brunet

Hommage à Philippe Brunet, poète Lazuriste météore, disparu brusquement le 28 mai 1996, ravi à notre amitié il y a onze ans déjà, qui demeure, et dont la voix reste. Entendez-la. (L’enregistrement, amateur, date de 1978.)

MP3 - 5.3 Mo

I

(Matelots, nous avons tous péché, et l’ire du Seigneur, la colère de Dieu, sera terrible...!)

— C’étaient des flottes de têtes, creuses, sur un océan noir, qui n’avait pas de nom...
C’était un joli poème, dans le goût renaissance, qui prophétisait des voyages, des voyageurs, des criques et des caps, un livre de marées, un sextant de papier, un almanach de capes et d’épées, car le fer reniflait aux dalots des lourds ventres de chêne qui arquaient sur les lames leurs côtes de forêts sabrées...
C’était une Irlande de pierre grise et mer, une prairie de vents, où flottent les cheveaux pâles des débarquements subreptices, et, la couleur obscure des vieux quais, aux boulards limés et polis par les longes d’embarcations passées, une terre de montagne sans neige, de collines en forme d’ailes à la couleur des cris des sternes en partance et des glaives de blé des rameurs ancestraux...
C’était une invasion, une évasion, un mythe, un pic de toile blanc-cassé qui s’incline sur la joue des toits d’orage et des tempêtes-vitres, où coule la pluie des âges que l’on ignore, encore...

— ...encore et toujours !
parce que c’est comme ça.

(Extrait de Le Clown-Roy/inédit/30/10/78)

II

Aussi limpide et clair qu’un rêve d’eau, tu aimais un oiseau du matin, et, nous étions au crépuscule...

— Croire aux terres hérétiques, et, rêver ! icône naufragé, épitaphe, crime ancien terni par les veines du temps comme un acier trempé dans le cadavre d’un ennemi vaincu, tu mirais le coeur du monde, et, tes mains criaient au miracle...

— mais il n’y a de miracle que celui des faux départs et des avals abrégés, deltas tronqués des noces supersoniques :

— TOUT EST BREF !
Tout Est Bref !
Tout est bref !
...sans le savoir, tu devenais gravier, et tu t’éparpillais, sur les fonds incertains de ports mouvants aux sables plastiques et turbulents, qui, goguenards, tournaient la tête, au fil des bateaux qu’amènent les ponts morts sous leur propre poids.

(Extrait de Le Clown-Roy/inédit/31/10/78).

III

Planeurs des routes d’ombre torsadée, voilier des fleuves de lumière...
Piroguiers de métal, sur les chutes de flammes,
longs courriers de la Haute-Nuit,
aigue-marines et aigues-mortes, arches déracinées, que portent les courants des âges...

— Petite fille des sphère vagabondes, petite princesse des caravanes d’or, tissé, jusqu’aux soleils étrangers,
jusqu’aux remparts de charbon-gaz, jusqu’aux pièges à petites filles, attirés par les bijoux que mûrit le ciel dans son sommeil, repue d’épaves diamantaires,

— ton histoire reste, à écrire...

IV

Navire.
Où es-tu, Navire...?
Navire, mon corps de proue, je ne suis bien qu’à bord !!!

— Simple...?

— Peut-être.

Navire, qui que tu sois accueille ma main, et ma vie.
Navire,
on ne boit que les eaux qui cheminent,
j’ai soif.

Navire, je te parle,
comme à un frère, un compagnon, une mère,
comme à un chat fidèle qui écoute près de l’âtre les légendes comme des bûches,

Je te parle doucement
comme à une femme,
une jeune famme,
une illusion, un mythe

comme à toi,
l’in-connaissable,

LA ! Réponse
créée au moment du choc avec le corail,
quand le requin rôde...

— Je te parle,
bois de fer, Navire natif venu d’on ne sait où sur ou sous l’horizon...
Navire de corde,
vaisseau de verre, ployé vers les étoiles,
bateau,
objet qui m’emporte d’une porte fermée à une autre qui peut s’ouvrir.

Mot magique du chercheur de fenêtre.

Les travaux des charpentiers foetus virent leurs drises à l’extrémité de la Comparaison, aux limites du cortège astral où s’apaisent les cyclones venus de montagnes nouvelles.

Carthagène.
Carthagène est une île, hors de mes yeux à 30 000 années lumière de mes pupilles.
Carthagène est l’assiette au beure des mégalomanes, la plaque tournante du trafic qui se fait entre conscient et inconscient, espace et temps, toi, et moi,
EN TERRES ÉTRANGÈRES.

(Extrait de Passé décomposé/inédit/1977)

« EN TERRES ÉTRANGÈRES »

En terres étrangères.
Nuit.
Nuit.
Trois fois nuit.
Nuit et nuits encore.
Nuits pour finir.
Nuits.
En manière d’introduction.

Nuit.
Rien.

Anse. Transe. Danse. Lance.
Il naît.
Il est né.
Il vient aux mondes.

Rompant silence bercé des lacs profonds aux algues de lumières noyées de globes morts ou vifs, il vient.
Le souffle de sa carène libère les bras du voyageur qui rame ses sommeils comme autant de soleils éclatés sur les vagues le soir, doucement balancés.
Il passe,
et il s’arrête.

Dans sa tête, pour la fête donnée en l’honneur du Roi Borgne, dont la Souveraine Hypoténuse donne au Palais, Grand Bal.
Arithmétique.
Intervalles proportionnels ; soit nuls ; car la grille salue au pas du carrosse de fer qui fait son entrée sur la scène.

— J’arrive à la dimension autre.
C’est un espoir de conquête extra-utérine, prématurée,...
une naissance qui se croise telle les baïonnettes d’un grand combat de lignes, vaisseaux et sabres des armadas à rêves nus, sans retraite possible.

— Il faut vivre
ou mourir.

Cortez des plages d’air limpides, le Passager débarque, engoncé dans les replis élastiques de son corps mal adapté à la révélation des victoires déjà remportées, et des défaites, aussi inéluctables que tragiques.

— Il est là,
le Naufrageur de Lune, à son tour naufragé...

— Voici les jours de proie, la haie des jours.
Il est... :
l’Observateur.
Intérieur est son nom. C’est pourquoi ce qu’il voit n’intéresse que lui, Lui, l’Observateur.

— Que sont tes villes, terre, que sont tes livres, tes jeux, tes armes.
Planète antiquaire.
Brocanteur des siècles collectionnés, épinglés, affichés sous le carton des boîtes, le verre des vitrines,
musée sec des carapaces creuses,
Alexandrie en flammes, ne cessant d’ardre ni de boire la lymphe des Vertiges Paléographiques.

— Et tout ceci pour quoi ?
Et tout ceci pour qui ?
Ou tout ceci pour Toi,
toi que j’écris : « elle », toi que j’écris : « Vie ».

La note de frais sera coquette.

Les multiples portent beau, il est vrai.

Il y a des palissades grises aux veines armées de tigelles fauves qui s’écaillent.
Il y a des grues jaunes, Eiffel entonnoir des tas de sables-béton, grèves des tours gravies casque de chantier sur l’oreille, labyrinthe boulonné des promotions géomètres, des aires lisses striées de raies parking, des toits de tôle qui chauffent, odeur des peintures cuites, des pneus rapés, des placards de papier lacérés par les griffes politiques des rapaces du trottoir, pardessus et chapeaux, feutre mouillé et air croco, chien détrempé des caniveaux usés jusqu’à la corde des pavés où des pêcheurs d’épaves happent les bouteilles vides, respectueux de la consigne.

— Taisez vous !
Les cloches tintent, là-bas.
Il est 22 h 30.
Tours, tours de bronze heurté. Maillets, tambours...

— Il fait tempête sur les toits.
Walpurgis impatients des sarabandes retrouvées, bacchanales en formes de découverte, Amériques portées, inverses, camouflées, des coulisses du temps à tes lèvres inquiètes...

— Taisez-vous !
Ne parlez pas.

Paniers de paille. Cabas de toile. Filets-beefsteak, paquets roll-mops ; à l’entracte, on distribue des cornets de bristol emplis de comestibles, condiments, moutarde, sauces, vin... — Ding ! ding ! comme à la messe, — la caissière secoue le grelot totalisateur... :

— Enfants de choeur, enfants de beurre : mythes qui fondent, seuls, enrobés de cellophane, confiseries-réclames d’anonymes prélats, groupés en sociétés.

— Pierre à pierre se comble le trou, le trou chrétien des croix, posées contre les matins de neige, qui sont autant de nécropoles médiévales que de bords pour tes A... !

Amis, j’ai oublié tant de choses !

— Je ne parle pas « à la légère », j’ai le Verbe aérostier, ce jour d’hui.

Tu es une nef alanguie, tressée, hiératique, aux lagons imprévisiblement encalminée,
dans les fourches spiralées et florales du ruban bleu des paquebots des âges, une sorte de frou-frou spatio-temporel,
une valse douce,
une danseuse-étoile encore farouche et fière, lâchée, planeur fugace, au milieu du chapiteau éteint d’une << suite et fin >> qui commence...

(Extrait de Le Clown-Roy/n° 96/inédit/3 mai 1978).

Sans en perdre la liane
(une île déserte se veut évidemment couverte de forêt vierge)
n’en déplaise aux fils de filature, les fils de l’hippocampe (les Lazuristes) ont passé avec succès leur brevet d’exploration de mirage...

— J’ai définitivement décidé de lever l’ancre.

Ainsi chantaient les matelots en abordant les plages de sable noir ou ne se voyait aucune trace de pas.
(Les italiques sont de moi).

Les soudards iodés, un instant indécis, à ma suite, s’enfoncèrent sous les frondaisons d’une inextricable jungle.
Nous avions tiré bien au sec les canots, et, c’est sans arrière pensée que nous nous frayions un chemin entre les lianes et les buissons épiphytes.
Mousquets en bandoulière, nous abattions les taillis à grands coup de machettes ou de cuillère à pot, ce sabre si large commun aux frères de la côte.
Nos pieds bottés de cuir enfonçaient dans un humus gras, phosphorescent, d’où s’élevaient des volutes de brumes chargées de miasmes.
Nous ruisselions de sueur, et, la forêt, d’humeurs végétales dégoulinant de feuilles en palmes. Parfois, un orbe géant abattu interrompait notre progression. Nous devions contourner ses racines torturées pareilles à une hydre fossilisée.

— Les cercles vinrent ensuite...

Un visage de femme bardée de tresses tubulaires entrecroisées.
Une main, gantée, fine, saisissant un larynx d’iridium serti d’acier...

L’étrangère de la ruche bourdonne au miel qui murmure sa poix.
Elle hurle.
Mais,
qui a lâché les chevaux de la Nuit, crêtes de fraîcheur, ombre laquée de flammes... ?

— Qui a lâché les chevaux de la Nuit, comme une fleur qui s’ouvre sur les rives de mon coursier en chasse.
Les chevaux de la Nuit, frères de l’ombre venus du Vent, aux archers cracheurs ancrés à leurs étriers.

Des hampes des langues livides bavent à la bave des lagunes.
Clapotis de bulles oblongues éclatant sous la caresse des échines crevasses.
Larve.
Des choses molles qui rampent.
Des formes fongoïdes qui lapent.
Des gloses hyènes, érigées en prières.

Véï Vosueris.
Notre Dieu.
ION SAEïS.

Sortilège émergé des affres de la brume,
les avirons rugueux rapent l’abysse des houles sans écume, et, le sommeil des étraves oscille, enserrant la carène miroitante de la galère allongée entre draps de mer.

Une muraille, une falaise, une banquise.
Sourde aux lames du temps,
livre à la voile ses ailes de charnoiements souffrés et s’abreuve des sacs stellaires des nébuleuses fracassées par sa quille de roche.

En cadence,
spectres, les lourdes rames flairent les ciels dispersés des sphères souples.

Magellan des lunes de Térimarvas !
Ici se broie l’éclair des voyages
car l’homme est plus vaste que le monde est monde.
Sur ses éventes de cartilage, la nage des roseaux, reptiles mouvants, peuplés de cris rauques et de voiles de jonques repliées en parapluies de cauchemars.

Mes mains saignent du jeu ferroviaire et cruel des rails de l’absurde.
Je bois en toi, coupe frêle, perle creusée aux caprices d’un Dieu ignoré à jamais, d’un Dieu sculpteur de livre, de larme ou de panthère, d’un Dieu qui se passe de nom, d’image, d’un Dieu qui n’est que Dieu qui a créé sa mort en te donnant la vie.
Je bois en toi, masque des jours, qui fait oublier que la nuit est terrible ; j’aspire à pleines narines les flancs de la nef étoilée où tu glisses tes landes de frises polychromes tantôt barbares, tantôt subtiles, tout droit.

Oubliés, la forêt, les marécages !
Oubliés les insectes nécrophages, poudre des crânes creux.
Oubliés.
Tout droit.
Oeil.
Unique.
Spasmé, drapé des fourrures de la course profonde des grêles animales.
Oeil.
Impossible, étayé sur ses chorales ombellifères.
Grande voix des frontières en fuite
de la lumière.
L’Appelée des Étoiles
arrive
au rendez-vous.
Il est.
L’héritier des temples argonautes
partis
à la découverte.
Echec au roi fugueur des pays blêmes, Empereur des morts.
Piège pour la dynastie des mystérieuses chambres cuirassées.
Confluent où se retrouve tout ce qui s’est perdu.

— J’ai mis longtemps.
J’ai mis mon temps. Maintenant, c’est tout bête.
Je suis venu, je viens te chercher.
Et c’est la brèche dans le coeur du monocle qui sert de double fond au cosmos truqué par ton absence...

Je suis
le ramasseur d’épaves devenu clipper ; l’errant des tempêtes plane les poutrelles de mon arche haubannées de feu, plane les sautes de ma musique, plane.
Solitaire, la sentinelle passe et l’oeil devient paupière.

Serve est ma vie aux ancres de l’angélus !

Je te bois de la Rosace de mes absides aux rosaires de tes cryptes, je te bois religieux et mystique enlacé par la pierre étrange au volutes de plomb, sépales sompodes ; je te bois verglacé par les flèches bleues de la voûte des sacrifices : ceux des lézards de bures drapés avec le cercueil des litophages, la prairie des herses de peau, gargouilles navales !

— Éclate la hure du Vieux Serpent ailé, cornet de bouse qui s’émiette sur son pelage escarre où percent des os !!!

Je te bois avant que les dragons de pillards ne te profanent, ne t’enlèvent, et ne te jettent, pantomime, dans les replis du suaire libidineux de la lèpre du monarque où se drape, en trépignant, l’amorphe contracté : le Seigneur de la dépouille, cerceau obscène, sans regard, une place où gît la...? question...?

Je te bois en aveugle, et j’ai peur...
Je te bois, ma fois, ma foi...

— j’ai peur, te dis-je —
si peur...

(J’ai vu de trop de côtes au large redevenir orage et planer de leur graal les secrets un instant mis à nus).

L’espace est parsemé d’asticots qui se trémoussent, l’univers n’est que le repaire du ver pirate.
Je sais que tu n’as pas oublié les caresses où les pèlerins du hasard s’exilèrent sur leur château de tonnerre,
et les foules en armes massées pour les départs.

Les batailles sont courtes, les guerres se prolongent, ma Vallée. Je suis village quelquefois, et d’autres fois montagnes.

— Océan, je suis soleil ;
et le Soir vient,
je viens aussi,
et j’ai
PEUR...
d’après,
me souvenant
d’AVANT.

(Extrait de Passé décomposé/inédit/1977)

PHILIPPE BRUNET, poète Lazuriste
(18 octobre 1956 - 28 mai 1996) :

PASSÉ DECOMPOSÉ

NUIT,

la cape de sourire du conspirateur de miroir s’est écrasée au pied flasque de la Logique.

— Un doigt d’équation en trop, tout a basculé !
Les glaires fades du renoncement furent lapés par un chien crevé aux yeux de pomme blette...
et la cohorte des singes du crépuscule courraient après LE LIVRE à travers les champs bleus et or de ton souffle.

Tu as repoussé le drap aux étoiles.

Tes ongles se sont découverts SOLEILS,
et de tes univers en crue, tu as tiré la vague qui attendait ton réveil pour me déposer, sans retour cette fois, au lagon souple des sphères soudaines, des plages que l’on croit impossibles mais qui sont seulement les berceuses que susurre le TEMPS à ses rêves égarés.

A la cour cynocéphale du VENT fleuve un arc d’étrave, le coeur trop large d’une vie fanée éclos aux doigts retrouvés de ta carène.

— Vase, le vase s’est brisé...
Le vase d’argent ne contenait qu’une autre vase où talonnaient les sabots sombres devenus inutiles des charrues de la voie lactée.

— J’ignorais à nouveau les livres de tes âges.
Des mèches de larves se sont mises à ramper.

— Entrevoir encore le visage découvert du Grand Rien, qui, vainqueur cynique, me crachait à la gueule...

— Trop tard ! les écoutes filées un instant d’incertitude se serrèrent sur le souvenir de leurs voyages...
— « Une hache et coupez le câble de l’ancre ! »

— Je ne reviendrai plus.

(Aux ventres des cercueils barbouillés de Rimmel, une île quelque part... ;
sur cette île ma tombe, ou, plutôt, la courbe discrète d’une pensée).

La MER ne rit jamais des morts, elle ne s’amuse que des << vivants >>, qui, eux, ne la connaissent pas - à part le dimanche, sur la digue, entre deux glaces, et, un sein de minette aussi artificielle qu’un petit pois anglais ! -.

Il y avait ici, deux-cents ans plus tôt, le grincement des chaînes aux mandibules des écubiers.

— « Sir. Tout est en ordre... »

— Pourquoi pas ?

Six mois, un an, deux, trois peut-être... ?

— Jamais ?

— Qui le sait !

Sous sa voilure de cape, la corvette tressait les nattes d’une fille qui n’en finirait pas de désirer
le reste...

(Extrait de Passé Décomposé/inédit/1977)

(Note : de 1975 à 1979, à Marcq-en-Baroeul, une bande de jeunes poètes, qui, par jeu et par idéal, se baptisèrent les LAZURISTES, se réunirent, très régulièrement, dans un grenier pour se lire les textes qu’ils écrivaient dans un même esprit de révolte et de volonté de retour aux mythes ; Philippe Brunet était l’un d’entre eux. Onze ans plus tard, à l’instigation du fondateur et théoricien du groupe : Jean-Louis Cloët, ils se retrouvèrent avec leurs amis plasticiens pour exposer dans la région, puis au Salon d’Automne du Grand Palais à Paris en 1992, enfin, en 1993, à la Fondation Cziffra de la Chapelle Royale Saint-Frambourg de Senlis. Philippe Brunet était aussi romancier et nouvelliste ; il avait exercé la profession de journaliste, puis d’antiquaire ; des raisons de santé — il fut un des tout premiers opérés du coeur français — l’avaient depuis peu contraint à ne plus exercer aucune activité suivie. Il n’a quitté, ses amis Lazuristes, son épouse Michèle et ses deux enfants : Amaury et Athénaïs, qu’en apparence, le 28 mai 1996. À sa demande, ses cendres ont été répandues à Saint-Benoît-sur-Loire, non loin de l’abbaye où pria jadis le bon Max (Jacob), et, sa femme Michelle, le connaissant, et sachant l’amitié qui avait pu le lier à certaines moines, se plaît à penser — elle l’a vu d’ailleurs en les dispersant — qu’une partie d’entre elles a fait le mur… l’autre est partie rêver dans la Loire au fil du courant… Toute son Œuvre est encore pour l’heure inédite).