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TEMPÊTE DE POUSSIÈRE SUR L’IRAN

vendredi 19 juin 2009, par Jean-Louis Cloët



À Khvoy, Namin, Tabriz, Orumiyeh…

À Ardabil… à Mianeh… à Maragheh…
À Mahabad, Bandar-e Anzali et Zanjan…
À Sanandaj, à Lahijan :
…de la poussière…

À Rasht, Qazvin, à Hamadan…
À Bakhtaran…
À Amol, Karaj et Tajrish…
À Malayer et Borujerd… comme à Khorramabad aussi :
de la poussière… de la poussière…

À Babol, Sari, Qa’emshahr…
À Tehran, Qom, à Arak…
À Dezful, Shushtar et Ahvaz…
À Gorgan, Semnan et Kashan…
À Najafabad et à Masjed Soleyman…
À Khorramashar et Gonbad Quabus…
À Emamshar, Homayunshar…
À Esfahan :
de la poussière…

À Behdehan :
de la poussière…

À Abadan, à Aschabad, Bojnurd…
À Yazd et à Marv Dasht
À Shiraz, Kazerun et Busher… Quchan, Sabzevar et Jahron
À Mashhad et à Neyshabur
À Kerman et Bandar ’Abbas
À Birjand comme à Zahedan… du Nord au Sud… : de la poussière… de la poussière… de la poussière…
La poussière encore et toujours…
La poussière en corps et encore…

— De l’Ouest vers l’Est,
toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus fort, toujours plus dense,
un vent de poussière balaye l’Iran…

Un Vent de poussière puissant, au parfum de sang et de pluie, l’érode ou le nettoie, le met à nu jusqu’à l’os ou le dégangue de sa gangue…
Et l’on voit peu à peu reparaître la Perse sous l’Iran qui se dissout, sous l’Iran qui se reforme : un grand corps vivant et tout palpitant de jeunesse, si beau qu’il n’hésite pas à marcher en se montrant nu…

[19 / VI / 09]