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À l’Absente

lundi 27 avril 2009, par Jean-Louis Cloët



(1976-1978)

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« EN GUISE DE PRÉFACE » :

Rien pour rien, et rien par rien : c’est là la charité mathématique et philosophe de toute l’addition moderne ; le plus se changerait en moins ; ce ne serait qu’une question de forme. On s’absout dans la division.

*1

Bougre d’hiver : dehors ça mord comme un chien enragé ; la tempête dehors fait rage : un ravage, dans les rêvantes chandelles des longs peupliers blancs de neige... — Et ce brasillement d’étoiles, ce ciel qui se retient pour ne pas éternuer des comètes…

— S’il le fait, je fais un voeu !

*2

Rien pour rien, et rien par rien : c’est là la charité mathématique et philosophe de toute l’addition moderne ; le plus se changerait en moins ; ce ne serait qu’une question de forme. On s’absout dans la division.

*3

La vie, une poignée de sable que tu tiens, que tu ne peux pas retenir. Les bourreaux ne savent pas qu’ils ne peuvent pas retenir le sable dans leurs mains. — De qui aurais-tu peur ?

*4

Un pays interdit aux humains et aux anges, pavoisé pourquoi pas d’émois barbares ; girouettes, les paradisiers fixes de métal qui jouent à se tourner, s’y luxent dans les ouragans ! […]

*5

Il n’y a que le "je" qui soit tangible ; et cependant je joue. Qui joue, au jeu du tu, souvent se tue…

*6

Tes yeux fauves dans le cerceau en feu de chaque orbite, sautant furieux, yeux à dresser. Chapiteau rapiécé de cet amour communiquant son feu aux litières des cages, brasier braqué sur feu-soleil : Colère, que tu es belle ! (Qui s’émerveille te désarme.)

*7

Si tu regardes l’orient de toute chose, tu deviendras le parolier de la souffrance ; puis, comme une algue dans la rivière, nonchalante : chaos de neige du courant.

*8

Et tu reviens pour mieux parfaire cette façon particulière d’être absente.


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