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Maximes, pensées, bribes & fragments/2

jeudi 23 avril 2009, par Jean-Louis Cloët

Allez ! ça y est !… c’est reparti, je le sens, c’est [re]lancé. C’est bien.
La vitesse de croisière sera bientôt atteinte dans l’exercice de la « philosophie » "à la française", hésitant entre « philosophie » pure, « spiritualité » œcuménique, et, « morale » humaniste sereine.



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La beauté, le génie, sont-ils un miroir qui nous renvoie notre image, sans complaisance, et nous déprime ?

— Déprime-t-on parce que le soleil brille ou parce qu’il fait beau ? Non ?… Eh bien alors, pourquoi, confronté au génie ou à la beauté, en prendre ombrage en s’arrêtant à notre image : ne faut-il pas voir au-delà, par delà, le devenir qu’il nous indique, la fatalité que nous avons à nous rendre meilleur, toujours, à progresser. C’est un fait : le génie « fait beau ». Il suffit dès lors d’admirer comme un enfant, de redevenir un enfant. Certes, ce n’est pas facile, cela prend souvent une vie : « On met très longtemps à [re]devenir jeune » disait Picasso ; Nietzsche, rejoignant par là la sagesse Zen en fait l’objectif ultime : pouvoir retrouver un jour la pureté du rire de l’enfant, celui qui s’étonne, celui qui admire ; Zarathoustra n’a de fait au bout de sa quête qu’une seule rencontre à faire : revoir l’enfant qu’il a été, se fondre à lui.

— Est-on « passif » dans cet exercice qu’est l’admiration ?

— Dans la prière ou la méditation, est-on « passif » ? Non !… C’est du même ordre. L’admiration est un exercice spirituel au même titre que ceux d’Ignace de Loyola. L’admiration-fusion est une longue ascèse qui consiste à se vider de soi-même, à se désencombrer de tout ego, à s’excaver, pour enfin pouvoir « faire écho ». Elle est de l’ordre de « l’extase » ; ce n’est pas « l’extase mystique » mais « l’extase esthétique » ; pour y parvenir, c’est un long travail, mais au terme : quelle adéquation sereine au monde ! quelle légèreté de l’être parvenu enfin au non-être qui peut être « Tout » ! quelle force douce, devant quoi, à terme, rien vraiment ne peut résister.
[23 / IV / 09]

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Je fais relâche. La bête est au pacage.
[7 / VIII / 02]

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Si « L’avenir de l’Europe se joue en Afrique » selon le mot de Lénine.

— Alors, on est mal barrés.
[1997]

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La bête prime dans l’homme. Sépulcrale & fantomatique. Sépulcrale. À conjurer. Il faut l’apprivoiser, et chercher à en faire « la bête angélique ».
[1996-1997]

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Quel est « le nombre d’or » de la littérature ? C’est le deux, puisque c’est le chiffre de l’altérité : entre Dieu et sa créature, entre la créature et une autre créature, entre le narrateur et la lectrice ou le lecteur.
[1996-1997]

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Le saint ne sait pas qu’il est saint.
Ainsi du reste, celle ou celui qui sont beaux, intelligents, etc.
[1996-1997]

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Un papillon ne se prend pas avec ses doigts. La sainteté ne se touche pas.
[1996-1997]

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La poésie est une certitude, et chacun a « une fatalité de » certitude devant soi.
[1996-1997]



[C’est tout pour aujourd’hui. À suivre […].]