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Maximes & pensées

mardi 21 avril 2009, par Jean-Louis Cloët

Embarqué dans des rêves de métissages improbables, j’ai abandonné cette revue qui était pourtant ma fille, la laissant orpheline, l’ayant reniée. Je le regrette aujourd’hui et j’y reviens, humblement. N’ayant pas le temps de rédiger pour l’heure des articles complets ou des poèmes, sauf ponctuels, je juge opportun de reprendre le chemin de la publication sur la toile en offrant chaque jour au plaisir ou au déplaisir des lectrices et des lecteurs, cinq maximes ou pensées, comme autant d’« os » à rogner, pour y trouver quelque « substantifique moëlle »… potentielle. J’entends m’y tenir, désormais.
— Qu’on me pardonne d’avoir rêvé… à l’exclusive, à l’exclusion de tout le reste.
Il faut que naïveté se passe.



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On couche les choses sur le papier, pour les endormir, pour leur faire l’amour ou les faire mourir, et, le plus souvent, tout ensemble.
[Date indéterminée.]

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Quand on a des comptes à régler avec autrui, c’est pour tenter d’oublier qu’on a des comptes à rendre à soi-même.
[2008]

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La langue française est avant tout musicale. Dans la musique tout se joue dans le contraste et avec les silences. La langue française est avant tout faite pour suggérer plutôt que dire… et tout le reste est mots.
[Date indéterminée.]

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Plus un artiste est grand, plus il se tait. L’Art est maïeutique, comme la pensée.
[Date indéterminée.]

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Se damner par l’espérance : le paradoxe par excellence. Dante ne l’a pas compris qui inscrit sur le porche de son Enfer : « vous qui entrez ici laissez toute espérance. » C’est par l’espérance que le damné souffre aussi.
[Date indéterminé.]