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Aux Buttes-Chaumont

vendredi 30 janvier 2009, par Jean-Louis Cloët


La gloriette du belvédère du jardin des Buttes-Chaumont s’est fait la malle durant la nuit, sur un tapis volant sans doute, ou s’est cachée dans le lac.

— Qui a vendu la mèche ?
Qui savait que tu viendrais là ?…

Le tombeau de Hafez l’a remplacé, tout droit venu de Shiraz par un vol d’Iran Air Line, en dépit des ayatolas.

Connaissant ton amour pour eux, tous les chiens des Buttes-Chaumont semblent s’être passés le mot aussi. Ils savaient que tu serais là. Ils ont tous l’air de chiens coiffés du matin même, de chiens permanentés à qui l’on vient de retirer leurs bigoudis et d’ôter le casque, à peine. En passant, chacun te lance une œillade, gonfle sa fourrure, et rie…

Échansons du vent qui grise et qui passe, les chats sont gris ; les chats pour changer chassent leurs soucis et non les souris ; les chats sourient, te sourient à la cantonade… Ils me font un clin d’œil en passant, sans que tu le vois : sous le vent délicat qui passe, sur son mamelon solitaire, le tombeau de Hafez a l’air soudain d’un beau téton dressé qui me rappelle bien quelque chose…

— Mais quoi ?

[25-26 / I / 09]