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Avoir ou être

samedi 17 janvier 2009, par Jean-Louis Cloët


Si l’amour n’y est, le corps n’est jamais qu’une fiction que l’on se raconte à l’envi, que l’on effeuille pour y lire les mots qui n’y sont pas écrits, les chapitres fantômes.

— Avoir ou être.

Dans l’amour, le corps se donne comme rien, comme s’il n’existait plus vraiment qu’en l’autre comme un bien abstrait dont on ne dispose plus et auquel on a renoncé pour lui, dont il a l’entier usufruit.
Dans le non-amour, il se prête à gage, il se donne en gage, ne s’engage à rien ; il se rembourse d’un récit de conquête.

« Mettre » ou « se faire mettre ».
« Avoir » ou « se faire avoir ». Avoir pour être.
Toujours avoir ou être, en somme…

Posséder l’autre n’est qu’une fiction de conquête. Qui possède est possédé par le rêve qu’il se raconte.

L’amour vrai se moque des mots.
L’amour faux se paye de mots.

Tout ce qui est vrai est silence […].

[17 / I / 09]