Accueil > Voix (poèmes) > Tricher ou pas

Tricher ou pas

jeudi 15 janvier 2009, par Jean-Louis Cloët


Dans le malheur, on joue toujours
« à qui perd gagne ».
Dans le malheur, on peut tricher.

— Dans le bonheur, jamais !

Le malheur se paie à l’estime
et l’on est son prêteur sur gage
et l’emprunteur tout à la fois :
on abuse complaisamment de ce banquier
qu’on sait parent et actionnaire en même temps,
qu’on rembourse à tempérament.

— Le bonheur se paie cash !
Le bonheur ne fait pas crédit :
il s’achète toujours au comptant,
content ou pas.

Dans le malheur,
on peut se raconter des histoires,
se travestir et se draper de dignité rêvée…

— Dans le bonheur et le plaisir,
on se voit tout nu, tel qu’on est :
le bonheur est toujours « la dernière épreuve »
qu’il faut subir de bon cœur,
bon gré mal gré, la tête haute,
pour être soi, pour être en paix,
pour enfin pouvoir s’avancer vers l’autre
pour le comprendre et pour l’aimer.
Car aimer, c’est aider l’autre,
l’aider à affronter le bonheur, lui aussi, et d’un cœur léger,
sans réserve,
sans répulsion d’avoir à se perdre,
à se donner sans réserve pour pouvoir un jour se trouver,
pour être deux mais seuls,
pour vivre ensemble.

[15 / I / 09]