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Hauteurs

mercredi 7 janvier 2009, par Jean-Louis Cloët


Pour que les phrases coulent, il faut qu’elles éprouvent le vertige de la hauteur, pour qu’elles cascadent, créent un flux… sinon, elles se répandent.

Sans hauteurs, point de langage
mais des mots qui s’étalent, s’évaporent vite ou croupissent, sentent, s’opacifient, deviennent troubles presque aussitôt sous le soleil qui les corrompt, ou se brouillent sous la pluie.

Créer de la hauteur, c’est là l’objet toujours de qui a quelque chose à dire.
La hauteur fait l’auteur en somme… quand la parole n’est pas la source prophétique qui gonfle, sourd ou comme le geyser jaillit.

Il faut toujours, oui, que les mots viennent d’en haut,
et rafraîchissent.

Il faut toujours que le langage donne l’impression qu’il cascade ou qu’il irrigue.

— Langage étal est « Lettres mortes », léthal.

C’est ainsi.

[5 / I / 09]