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Voler

vendredi 2 janvier 2009, par Jean-Louis Cloët


à Jean Giraudoux,
celui d’Amphytrion 38


Jean le disait,
Jean le sage :
« Il n’y a que les femmes alourdies d’un bon mari » qui volent…
Les autres rêvent, croient voler.

Tous les hommes se valent parmi ceux qu’on pouvait choisir.
Le meilleur est toujours, chez eux, l’envers du pire, et les tirer vers le meilleur n’est rien d’autre que « L’Art d’aimer ».

À seize ans, on croit aux mirages.
On attend ardemment un homme seulement fait de soleil, de vent, d’air et de nuages.
On consacre ses rêves à lui, on l’imagine et on l’attend…
Mais les hommes de nuages, d’air, de vent et de soleil, bâtis de cela seulement, n’existent pas. Il n’y a sur terre que des hommes de glaise qu’il faut solidement étreindre pour pouvoir un jour les sculpter, en faire des statues qui marchent et qui vous prennent par la main pour donner un sens au voyage.

— Jean le disait,
Jean le sage :
c’est au cœur de la pesanteur que s’invente la légèreté, celle qui ne retombe jamais, continue de voler toujours…
et pas ailleurs.

[13 / XII / 08]