Accueil > Voix (poèmes) > Derviches tourneurs

Derviches tourneurs

jeudi 19 juin 2008, par Jean-Louis Cloët


Les années passent, mon Aimée,
oui, et après ?…

Comme les derviches tourneurs,
adopte un pas de danse
et tourne sur toi-même à l’envi,
fais voler ta robe,
étends les bras…

Ne te préoccupe pas du temps.

Fais voler ta robe qui roule,
Fais-la danser autour de toi !
Suspens le temps
éternellement par la transe :
tourne sur toi sans cesse,
tourne vers l’Est,
tourne et retourne sur toi-même,
sans te lasser jamais :
imagine être argile,
posée sur le tour d’un potier,
entre les doigts de Dieu
qui ne te détruit pas
mais te sculpte, modèle, pétrit, te parfait,
chaque jour t’affine :
t’évase jusqu’aux étoiles !…

[18 / IV / 08]