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Quand un ami s’en va…

samedi 14 juin 2008, par Jean-Louis Cloët


à Pierre Ciekanski & à Michel Graux

Quand un ami s’en va,
il ne faut pas regarder le vide, mais l’air qu’il laisse autour de soi : tout ce souffle et la vie qu’il nous laisse et qu’il nous dédie…

Quand un ami s’en va,
il ne faut pas s’en laisser conter par le silence, mais écouter les rires qu’il a cachés dedans, à jamais sauvés de la mort et de l’oubli… écouter les rires, les mots qu’il a cachés dedans, qu’il a thésaurisés, en prévision, pour ne jamais nous laisser seuls.

Quand un ami s’en va,
il ne faut pas désespérer. Oh ! non ! certes… : il ne le veut pas !

Quand un ami s’en va,
il faut humblement se soumettre au dur devoir de vivre auquel il nous dévoue, même sans lui, parce qu’il sait qu’une vie ne vaut que si on la dévoue… parce que l’amour qu’il a donné, qu’il veut donner encore — aux siens, aux autres, à l’inconnu qui passe, — désormais, ne peut plus passer que par nous.

[13 / VI / 08]