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Toujours

vendredi 13 juin 2008, par Jean-Louis Cloët


Il y a toujours
un repli de la nuit où se faire une chambre,
un détour du chemin où réinventer l’horizon,
un coin de ciel sale à laver où se refaire un ciel d’été où réinventer le soleil.

On ne connaît bien que ce dont on manque.
On ne connaît bien que ce dont on a manqué.

Il n’y a pas de bonheur en ce monde :
il n’y a qu’une volonté de bonheur.
Il n’y a pas de bonheur donné.
Il n’y a que des bonheurs trouvés et à défendre.
Il n’y a que des bonheurs conquis mais aussi à reconquérir.

Ne nous en plaignons pas.
Une corde détendue ne vibre pas.
Seule une corde tendue vibre.
Plus la corde de l’âme est tendue, plus elle vibre sous l’archet.
Ne chante bien que ce qui chante tout contre le vide et l’absence.
Ne chante bien que ce qui vibre, que ce qui sait combler le manque
assez pour en chasser l’oubli.

[16 / V / 08]