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Ma Gazelle

vendredi 30 mai 2008, par Jean-Louis Cloët


Ma gazelle est la mère du Vent.
Elle existait bien avant lui, bien avant qu’il ne courre sur les déserts pour aller rafraîchir les oasis et caresser dans les patios secrets des demeures sources et fontaines ; elle courrait de par le monde, bien avant qu’il ne devienne aussi compagnon de jeu de l’ombre et de la nuit, complice, propice aux amoureux.

Ma gazelle est l’épouse du Vent.
Sans elle, il n’aurait jamais ni sa force ni cette audace qui le fait voler par-dessus les montagnes les plus hautes, renverser les remparts des villes félonnes, fomenter des vagues plus hautes que les plus hauts remparts et les montagnes les plus hautes… Sans elle, il n’aurait jamais cette douceur non plus qui fait frémir comme une forêt le plus fin duvet et se balancer mollement les branches et les cimes des plus vieux arbres, des jeunes arbres enlacés.

Ma gazelle est la fille du Vent.
Elle en a toute l’insolence heureuse et mutine, tout l’esprit vagabond et aventurier ; elle en a le rire enfantin, léger, et le génie du rêve fantasque et primesautier, espiègle, malicieux. Elle est cette friponne qui fait que l’on revit ensemble, toujours, où que l’on aille, où que l’on soit, toujours, les surprises, les délices, du premier été.

Ma gazelle ?

— Elle est ma source, et ma rose…

[30 / V / 08]