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Le Sage

samedi 19 avril 2008, par Jean-Louis Cloët


— Homme énigmatique et taciturne, toi qui est « sage » à ce qu’on dit !… qu’y a-t-il pour toi de plus précieux au monde ?… Les Trônes, les Empires ?…

— Je les crois plus instables que les sables des dunes, plus soumis à l’Histoire que le sable aux forces du vent.

— La Gloire ?…

— Qui la décerne comme un hochet ? Avec qui faut-il la partager ?… Qui la reprend ? Pourquoi et quand ?…

— Alors, l’argent, l’or, la fortune ?…

— Peuvent-ils acheter la jeunesse, la beauté, la santé, l’intelligence, le talent, le génie, la bonté, la miséricorde, le pardon sincère, la compassion vraie, la tendresse, la sagesse, la liberté, l’égalité et la fraternité, la fraîcheur, l’humour et le rire… l’amour ?

— Mais alors qu’est-ce donc qui peut avoir du prix pour toi, homme singulier ?

— Ce qu’on garde caché. Mais je vais quand même te le dire, mon frère : le regard perdu de ma Mère, le rire de mes Amis morts, le sourire de Ceux vivants et qui Leur survivent, le sourire de mon Aimée et certains gestes qu’Elle fait quand Elle m’accueille, quand, confiante, Elle s’abandonne.

[19 / IV / 08]