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L’Autre

dimanche 13 avril 2008, par Jean-Louis Cloët


On écrit pour trouver « l’autre »,
pour trouver d’abord « l’autre » en soi :
cet « autre moi » qu’on ignore,
et, qui, pourtant, sait tout de nous.
Après le cache-cache abscons
entre vanités sottes qu’on peut se faire et illusions,
vite ! il nous désencombre de soi
et nous lance bien au-delà
à l’aventure, sur les routes.

On écrit pour trouver l’autre :
l’étrangère ou l’inconnue,
l’étranger ou l’inconnu,
qui, enfin, soit vraie rencontre.
On écrit pour être en écho,
pour découvrir un ego autre,
et pour l’aider à s’accoucher à soi-même
parce qu’on l’aime pour ce qu’il est…
Pourtant, très vite, on l’aime
pour ce qu’il devient :
on l’aide à se désencombrer,
à faire en soi le vide… enfin !
Alors, on regarde au travers de l’autre
comme par-delà une fenêtre
grande ouverte sur « l’Infini ».

On écrit pour rencontrer « L’Autre »,
l’Inconnu définitif sur cette terre du moins :
le « Grand Autre » que l’on devine
sans cesse partout sous les choses,
sans cesse toujours dans les autres…
surtout dans ceux que l’on aime
ou d’amitié ou d’amour.
En renonçant à ce qui est non pas frivole
mais futile, en gardant l’humour
dans l’humilité et tout le sens de l’éphémère, on cherche à se tourner
vers Lui, à vivre autant qu’on le peut
face à la Vérité de sa Face,
comme l’héliotrope se tourne vers le soleil,
suit sa course, sans y penser,
comme s’il était en prière
à chaque seconde du jour.

[13 / IV / 08]