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« Brise marine » revue & corrigée

jeudi 3 avril 2008, par Jean-Louis Cloët

Une réécriture du désolant poème « Brise marine » du très névrotique Stéphane Mallarmé, héritier direct des névroses baudelairiennes, et, fossoyeur de la poésie lyrique française avec sa tentative avortée et schizophrénique d’« Hérodiade » (1893-1898), puis d’« Un coup de dé jamais n’abolira le hasard » (1897). Envolons-nous vers d’autres sphères !…


L’ÉPREUVE


La chair est ivre, et « Grâce »,
et jamais, non, nul livre
ne pourra dire comme l’amour
cet envol de tout l’être
que connaissent les vrais amants
lorsqu’ils se rencontrent vraiment.

Le bonheur est l’ultime épreuve
car l’être est nu dans le plaisir
et le bonheur est un miroir.

Avec le malheur on transige,
on triche, et, bien souvent, on pose,
on prend la pose : on se regarde souffrir,
on se fait pleurer. On se plaint.

Le bonheur n’est pas un théâtre.
Il est la vie qui se construit :
plus de fuite « là-bas » où « les oiseaux sont ivres » ;
il s’agit d’être oiseau soi-même
et de monter toujours plus haut.

L’amour — oh ! cet envol de l’être !… —
il faut le méditer longtemps,
le payer souvent par avance,
pour qu’il ne soit le vol d’Icare.

[19 / III / 08]