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Tout ce qu’il faut savoir pour vivre

mardi 1er avril 2008, par Jean-Louis Cloët


Apprendre à se taire d’abord.
Se désencombrer de soi-même,
installer en soi l’espace du deuil :
le deuil d’autrui, d’un être cher,
le deuil de soi qui en découle…

Préférer pour un temps, sans tricher,
le dedans au dehors, vraiment,
et, descendre… oh ! descendre encore !…
Atteindre au plus profond de soi
le fond de sa mine intérieure ;
oublier, oublier la peur :
peur de sa nuit, de « L’Inconnu ».

Pousser, ouvrir tout grand
à deux battants
les portes de l’Éternité
qui sont en chacun d’entre nous :
laisser passer « Le Souffle » alors,
et le laisser tout emporter.

Être, dès lors, cette porte qui bée
sur « L’Ailleurs » et sur « L’Invisible »,
être le lieu, le lien entre les vivants et les morts,
accepter d’être leur passage :
n’être plus que la « bouche d’ombre »
qui baille et bée sur « L’Absolu »,
par où passeront les oracles ;
bien apprendre à les écouter…
Avoir l’humilité toujours
de les entendre
sans le plus souvent les comprendre
et l’admettre parce qu’on y croit.

Transmettre. Être veilleur et serviteur.
Croire, plutôt que pavoiser !
Servir. Choisir d’être le lieu
du passage du « Grand Autre »
et de « La Grâce » du « Tout Autre »,
le lieu de « La Visitation » :
obéir à tout ce que sa « Voix » dictera…

Être la bouche ensuite, enfin, qui,
par le bouche à bouche
parfois se faisant d’esprit à esprit,
insufflera à d’autres
ce « Souffle » qui ouvrira aussi
à deux battants la porte en eux,
la porte qui semblait scellée,
fermée à jamais, oubliée…

Et, enfin, « Vivre » !… par le renoncement à l’ego

— et la plénitude qui presque aussitôt en découle —
en ce monde « Transfiguré »,
dans la Toute Puissance de
« Dieu ».

[1 / IV / 08]