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L’Amour à contre-jour

jeudi 6 mars 2008, par Jean-Louis Cloët


L’amour se lit à contre-jour.

L’amour se vit à contre-jour.

Il n’est pas le plein soleil de midi. Il n’est pas la nuit pour autant, bien sûr !… Il est ce clair-obscur délicieux, qui nous surprend de biais dans l’ombre qu’a laissée en nous la solitude, va l’amble dans la nuit qu’a installée en nous le deuil, et qu’on découvre, comme une Aube…

Il ne demande pas qu’on oublie pour lui ni la Nuit, ni l’Ombre passées, parce qu’il sait qu’elles nous furent amies quand nous étions seuls avant lui… parce qu’il sait qu’elles lui seront des amies, à lui aussi, fidèles… parce qu’il sait qu’il n’est pas de soleil sans ombre, de jour sans nuit.

L’amour ne se vit pas au plein soleil :
il fait l’ombre plus douce, la nuit ouverte : soudain plus vaste…
Il ne chasse pas les Fantômes ni les Douleurs passées, mais il s’en fait aimer : il les apaise, il les rend à nouveau enfants, il les donne à l’Espérance comme si tout pouvait à nouveau recommencer, commencer comme au premier jour… quand, de fait, tout recommence !…

L’amour se goûte à contre-jour.

[4 / II / 08]