Accueil > Voix (poèmes) > Le Signe de Croix

Le Signe de Croix

mercredi 27 février 2008, par Jean-Louis Cloët



— Homme !
Quand tu rencontres enfin
la femme de ta vie,
avant de te crucifier à elle,
signe-toi, Ami,
signe-toi !…

Quand la fente jolie du sexe d’une femme
et celui de sa bouche
s’inscrivent à jamais
dans une tête d’homme,
cela forme toujours une croix.

La femme est un autel sacré.
Souviens-t-en, Ami,
souviens-t-en !…

Pour le meilleur et pour le pire,
sur elle, tu sacrifieras tes désirs.
Couché sur elle,
et tes deux mains cloués à elle,
sur elle, tu vivras ta passion,
attaché jusqu’à la mort.

Grâce à elle, grâce à elle, ainsi,
tu vivras haut, dans la Lumière,
élevé au-dessus des hommes solitaires,
comme un symbole,
comme un phare,
car le plein soleil de midi
sans amour n’est rien que la nuit.

Les bras en croix sur elle, nu,
dans la vérité de ton être,
de ton destin et de ta vie,
chaque nuit, tu mourras,
pour ressusciter…

Et, lorsqu’il t’arrivera de dire
devant l’immensité de l’amour
qui t’a choisi :

— Mon Dieu !… Mon Dieu !… Pourquoi m’as-tu abandonné ?…
pensant à sa présence à elle
intimement liée à toi
et te sentant porté par elle,
tu te diras chaque fois :

— Qu’il en soit fait selon ta volonté…

Par amour, tu consentiras.

[27 / II / 08]