Accueil > Voix (poèmes) > La Voix

La Voix

samedi 23 février 2008, par Jean-Louis Cloët


Quand j’entrebâille le silence
comme une écorce de froid,
quand je soulève l’horizon
comme une pierre
alors que l’obstrue le vent d’Est…
C’est ta voix que j’entends,
fidèle,
ta voix fragile et forte
qui toujours repousse la Nuit,
qui rouvre l’aube,
la rassemble
et fomente des insurrections
de Lumière vive à l’Est,
à l’Orient…

Elle est, au départ,
petite,
comme un poing fermé qui se tend
et qui revendique…
Puis, elle croît très vite :
comme ces fleurs de papier, chinoises,
qu’on jette dans l’eau
et qui se déplient
comme un rêve de lotus ou de nénuphar ;
elle déploit son rêve
jusqu’au ciel :
le fait plus grand, plus vrai
que la réalité elle-même
qui s’évanouit devant elle,
fait place nette
pour la laisser nommer l’avenir
de notre amour.

Elle est si puissante, ta voix,
que, nommant les choses,
elle les éveille :
comme si elles étaient au monde
pour la première fois,
comme si le monde entier
ne procédait que de toi
et que de ta voix…
Et, de fait, c’est bien de toi
que tout découle,
depuis qu’à L’Est,
ainsi qu’un oiseau matinal
et bleu
qui prend le premier rayon du soleil
pour vague,
elle m’a dessiné
l’Histoire du Temps :
l’histoire d’un temps
qui renaît.

[22-23 / II / 08]